Au Kamer, on a coutume de dire que dans chaque maison il y’a un artiste, rien donc de plus normal que dans chaque Kwatt il y’a un « label » de musique. Les guillemets qui encadrent le mot label ne sont pas là pour beau, c’est qu’ici chez nous au Mboa, certaines personnes notamment les jeunes croient qu’il suffit d’avoir l’argent des parents, les euros des frères, sœurs et amis, pour être un dirigeant de label que non. De ce fait, je les invite à lire la suite, pour savoir ce qu’est réellement un label de musique et enfin pour que cet argent, ces euros, servent définitivement à quelque chose.

Il suffit de taper sur Google pour avoir une multitude de définition du terme label de musique, mais ici nous retiendrons une seule : un label est une entreprise qui grandit si elle fait tout pour que l’artiste devienne célèbre et, elle gagne de l’argent si l’artiste lui-même en gagne. Oui un label est une entreprise, une équipe qui doit avoir une très bonne connaissance et maîtrise de l’univers musical, pour faire simple, cette équipe doit avoir des aptitudes dans la création artistique, la vente et le marketing musical.

Ces labels que je vais citer sont pour moi des labels de musique dans toute l’acceptation du terme, car hier inconnu ils sont devenus célèbres grâce à des artistes eux même inconnus hier et devenus célèbres, et ceci grâce à un ingrédient spécial, que vous découvrirez dans les lignes suivantes.

  1. BIG DREAMS ENTERTAINMENT

C’est le label qui nous a créé « LOCKO », l’on a l’impression que c’est magie, car le mec qui faisait des reprises des chansons dans sa chambre et des shows dans des bals d’étudiants, est devenu une superstar, égérie du 237. Mais non, c’est pas magie. BIG DREAMS a bossé avec patience, par la création d’une fan base, ils ont fédéré une communauté autour de LOCKO avant la sortie de son premier single « Margo », ensuite un deuxième « Ndutu » qui a confirmé la confirmation. Oui, BIG DREAMS, un label no name a fait d’un artiste no name une étoile, qui, après la sortie de son EP, des tournées, des collaborations, la sortie de son album a signé chez Universal Music Africa.

Les mauvaises langues disaient « LOCKO est parti, c’était bon, BIG DREAMS est fini », que non, parce que c’est un vrai label qui planifie tout, ils nous ont ramené un autre monstre « KO-C », qui en peu de temps nous a mis au « boulot » et nous a « balancé » dans tous les sens avec ses succès que « Sango » a validé.

  1. ACH4LIFE

Voilà un grand frère qui a dormi dehors, un exemple pour toute la jeunesse camerounaise. Achille Djoumsie a bâti quelque chose, donc le plus visible est l’artiste « MINK’S ». Déniché lors des Hip-Hop Talent Search organisé par ACH4LIFE, le label l’a fait grandir et l’a dirigé. On se souvient tous ou pas, du premier album hardcore de Mink’s (un échec), celui-ci a très vite suivi la vision et le projet de ACH4LIFE pour nous sortir « Panthère 2.0 », « Le gars-là est laid », et depuis il ne s’est plus arrêté au point où on raconte ici et là que si tu veux que ta carrière décolle, fais un feat avec Mink’s, c’est tout simplement le meilleur rappeur camerounais de l’heure. Tout ceci grâce au travail visionnaire et futuriste de ACH4LIFE qui a fait rapper son poulain sur de la Rumba merde !!!

  1. STEVEN’S MUSIC ENTERTAINMENT et ALPHA BETA RECORDS

Pas du tout connu, à l’opposé de Alpha Beta Records de Salatiel avec Mr Leo the lover, STEVEN MUSIC a tout de même réussi à créer l’une des plus grosses divas africaines, non, pas SHURA, encore moins BOY-TAG mais la Queen Daphné. Le boulot que ce label a abattu pour dégager la route à Daphné est énorme. Je me souviens de « Heart Broken », qui passait sur radio balafon, tout comme on va gérer de Mr Leo, pendant que « coller la petite » de Francko gâtait tout le dehors et ne laissait, à priori, de place à personne d’autre. Alpha Beta Records et Steven’s Music en tant que vrais labels poursuivaient leur plan d’attaque. Et la suite on la connait, Mr Leo Canal d’or, Daphné double vidéogramme sorti le même jour et elle a reçu plusieurs distinctions sur le continent, oui chapeau, c’est ça un label : l’innovation.

A tous ces jeunes qui veulent créer un label de musique, regardez le travail de Empire avec Magasco et X-Maleya, pour une fois on a vu un groupe préparer un concert pendant un an !!!

Au Kamer on a coutume de dire, on ne connait pas le caillou qui va tuer l’oiseau. Mais après avoir lu cet article, on peut désormais dire qu’on connait le label qui va vous faire « briss ». Le projet, la planification, le travail et surtout la patience sont les qualités d’un vrai label. Un temps soit peu, que nos chers artistes soient eux-mêmes patients, parce qu’une carrière tout comme un building, ne se construit pas en un jour.

KAMER URBAIN | le Reflet de la Culture Urbaine du Cameroun

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