La musique camerounaise aujourd’hui nourrit son Homme. Ça, il faut bien qu’on le dise sans grincement de dents et sans hypocrisie. Quand tu sèmes bien tu récoltes gros. Bien que le Cameroun soit un pays « mondial » grâce à sa diversité et à ses richesses, nous reconnaissons quand-même qu’en matière de vidéogramme il y’a eu pas mal d’emprunts. Nous avons calqué ce qui marche ailleurs pour l’implémenter ici chez nous. Et curieusement ça marche. Un grand philosophe l’a si bien dit « il faut tricher le secret de l’occident ». Sur l’angle musical je reconnais que ça porte ses fruits. Les vidéogrammes sont devenus très attrayants surtout avec l’ingéniosité des réalisateurs qui se laissent ressentir sur les quelques minutes que dure un clip.

Le problème ici c’est le respect. Pour mieux comprendre où nous voulons aller, acceptons d’abord de voyager dans les tréfonds de l’Afrique.

En négro culture, la femme donne la vie, elle est vénérée et ne saurait faire étalage de son corps si ce n’est à la personne qui a accepté le prix par le biais de la compensation matrimoniale (ce que l’on appelle couramment dot) ou à des personnes aguerries qui participeront à ce qu’elle donne la vie.  Sur cette base de considération, voir une femme nue requérait que l’on brave une multitude d’étapes qui parfois étaient interminable. Toujours est-il que le fruit de la chasse valait son pesant d’or. Pour revenir à l’époque d’Ahidjo comme le souligne nos parents pour matérialiser la bonne vie, la meilleure éducation qui était la leur en ce temps, il était toujours difficile de croiser un couple en route car disait-on cet acte participait à déshonorer et à décrédibiliser la fille en question. Pour même avoir ce dont on cherchait il fallait quand même transpirer.  Suite à ces propos, la femme était considérée comme sacrée. Est-ce le cas de nos jours ? La suite nous le dira certainement.

Tournage du clip demain. Besoin des filles BIO envoyez vos photographies via ce WhatsApp pour sélection […]  Qui n’a jamais reçu ou vu défiler un pareil message sur les réseaux sociaux ? Qu’on jette la première pierre à celui qui répondra par la négation.

A quoi renvoi une fille BIO ?

A coup sûr à celle-là même qui a les formes généreuses qu’elle sait mettre en valeur par le canal des vêtements appropriés, une « go » bien épissée.

Difficile depuis 2015, de voir un vidéogramme sans apercevoir une fille en matelot ou vêtue d’une façon condescendante visant à émoustiller les consommateurs. Le fait étant devenu généralisant que, nous pouvons bien voir voler des scènes qui nous laissent croire qu’en un laps de temps le vidéogramme a viré en un film déconseillé aux mineurs.

Est-ce toujours pour la recherche du buzz (pour l’artiste bien-sûr) ? Ou la naïveté, la légère éducation, le désir de paraitre, l’envie de sortir à la télé ? (Pour celle-là même qui se fait tripoter) ?

Bon n’allons pas croire que c’est une situation vice sans versa. Je classerai Maahlox en tête de liste car, nul ne dira le contraire de ça sort comme ça sort à finit avec passant tu as combien et bien d’autres les images sont à la limite obscènes.

Mink’s a ouvert le bal à bisous avec Blanche Bailly (elle-même nous sert gratuitement tant sur les scènes que sur ses clips ses entrejambes) et a inspiré Rol’k le Parano. Ironiquement, Franko l’a repris dans un freestyle en ces termes il y’a trop de mop dans les clips des rappeurs j’ai l’impression de regarder Novélas. Sauf que ce dernier lui-même n’est pas enfant de cœur quand bien dans son tube à succès coller la petite il fait l’apologie de la femme qui est une chose d’où l’un des vers : « dis donc colle les bêtises ».

Le plus marrant dans l’histoire c’est que la gente féminine adule, chante, danse, récite en longueur de journée et par cœur ces musiques au point de ne même pas se rendre compte de ce qu’elle est traitée de panthère, araignée, chat mort et tous autres noms qui pourraient faire danser le grand public.

Je donnerai du crédit aux propos qui iront à justifier cette situation par la misère ambiante, la précarité qui pousserait chacun à faire ce qu’il voit, juste pour arrondir les fins du mois. Mais la question reste simple : vais-je renier mon statut de fille ou de femme au détriment de quelques billets de CFA ? Au point de vendre tout mon corps en mondovision ?

Toutefois les gars ont déjà trouvé la bonne astuce pour rentabiliser : mettre les « bonnes » en avant, libre à elles d’être nues pourvu que ça marche au profit des mœurs et des valeurs et de la sensibilité de tous.

Après tout c’est le bizz, alors c’est le volet capitalisme qui est mis en avant à ce moment.

KAMER URBAIN | le Reflet de la Culture Urbaine du Cameroun

Commentaire via Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.