Partir très jeune est un drame, comment rester insensible, à chaque fois que l’on apprend qu’un jeune comme nous s’en est allé. Certaines personnes le sont souvent quand il s’agit d’un jeune qui a pris la route de l’aventure, pour eux il aurait pu rester se battre dans son propre pays. C’est peut-être vrai mais est ce qu’ils ont eu le choix ? Est-ce de leur faute s’ils ont rêvé trop grand et que les conditions locales ne leurs ont jamais été favorables ?

Depuis quelques années, la mer méditerranée s’est transformée en un véritable cimetière où des milliers de jeunes africains se noient en tentant de regagner l’Europe. C’est à partie de ce constat que KEN’CY le Samouraï Bantou nous a livré depuis peu la vidéo du titre « Pepito » (Pepito est pris ici comme tout proche mort sur la route de l’aventure). Cette chanson est un hommage mais aussi un appel à la conscience tout d’abord des gouvernements Africains et ensuite à la jeunesse face aux dangers de l’immigration clandestine.

KEN’CY le Samouraï Bantou, filmé par LANDRY TOUKAM

La chanson « Pépito » est le récit d’une sinistre trajectoire assez courante en Afrique Sub-saharienne en général et au Cameroun en particulier. Inspiré de faits réels, la chanson relate l’histoire d’un jeune diplômé camerounais (Pépito), qui au vu du climat socioéconomique morose qui caractérise son vécu quotidien après plusieurs années d’étude, va décider de quitter son pays en destination de  l’Europe en « prenant la route » : c’est à dire en empruntant une voie irrégulière qui consiste à transiter de pays en pays (Nigéria-Niger-Algérie) par voie terrestre et maritime, traversant les frontières en toute illégalité, dans la clandestinité la moins rassurante, et une insécurité des plus inquiétantes. Ceci dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de vie. Après avoir surmonté moult péripéties et traverser multiples dangers sur le trajet, « Pepito » comme bon nombre de migrants clandestins finira noyé dans la méditerranée.

Loin d’être une réprobation à l’encontre des migrants clandestins, cette chanson est avant toute chose un hommage rendu à toutes ses personnes courageuses disparues sur le chemin de « l’aventure », laissant derrière elles frères, sœurs, enfants, parents, des familles entières dans la désolation. Cette chanson vise à sensibiliser l’opinion aussi bien nationale qu’international contre les migrations clandestines. Selon une étude menée par l’Association Marocaine d’Études et de Recherche en Migrations (2008), 7% des 1000 migrants clandestins interrogés au cours de leurs études étaient d’origine camerounaise. Parmi ces derniers, 62% ont déclaré qu’ils n’ont pas été informés sur les risques du voyage (hygiène, soif, maladie, vol, viol, agressions, harcèlement sexuel, abandon par les passeurs, vue des squelettes humains dans le désert, etc.). (A. Fopa, 2011).  Mais au-delà de la sensibilisation, ce titre vise à interpeller  tous les acteurs de la société et à susciter une réflexion profonde sur la complexité des facteurs politiques, socio-économiques, voir culturelles de ce phénomène sociale dont les principales victimes sont les jeunes des pays d’Afrique sub-saharienne.

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