Pourquoi toujours parler des mêmes personnes alors que nous pouvons donner la chance aux autres de se vendre ? Pourquoi toujours négliger le boulot des « No Name » or plus que ces pro, ils abattent un travail de malade pour se hisser au sommet. Ils sont nombreux qui, dans l’ombre ont besoin d’un coup de pouce, d’une reconnaissance et des encouragements.

De la passion à la création

De la passion jaillit les flammes de la réussite et une ascension sociale. Toute œuvre d’art à la base se fait selon son gré et de manière désintéressée. Bien que le volet pécuniaire finisse toujours par faire son entrée, il n’en demeure pas moins que la base reste la passion.

La passion qui moule artistes et beat maker à produire des contenus denses, variés et assez attrayants. Très peu de reconnaissances vont en l’endroit de ces techniciens de studio qui parfois avec un matériel archaïque déversent tout leur savoir être et faire dans une œuvre qui finit par rafler les meilleurs prix mondiaux. Sont-ils souvent remerciés pour cela ? Plusieurs de ces techniciens dans un souci de se faire un « nom » acceptent investir de leur énergie et temps pour booster la carrière d’un artiste émergent. Moyennant quelques mots de remerciements, ils passent des nuits blanches à innover, question de faire quelque chose de différent capable de pouvoir s’imposer sur le marché de consommation.

C’est esprit passionnant qui fonde leur espérance en un lendemain meilleur pour les plus ambitieux bien sûr, laisse naitre des labels. Embryonnaires seront-ils mais avec des clauses assez solides. Ne respectant pas toujours les normes réelles d’un label, les gars font comme ils peuvent et n’assument que les charges du studio. La charge du Poulin en quête de visibilité est moindre car, le label fait aussi office de studio d’enregistrement. D’arrache-pied les gars bossent. La réussite de l’un (de l’artiste beaucoup plus) donnera de la notoriété au label et au beat maker ; certainement, ça va ramener les foules.  Franko n’est pas tombé du ciel ça c’est sûr encore moins Tenor ou Mink’s. Certains ingénieurs de son ont eu à poser leur confiance et aujourd’hui ça paie plus que les factures.

DU BEATMAKING AU LABEL

Je me rappelle d’un passage télévisé de Thierry Olemba où il décrivait comment il s’est retrouvé à faire du beat box (émission des sons avec la bouche). A cette époque, tout se faisait en live dans les studios d’enregistrements et ne pouvant pas disposer des moyens financiers pour se procurer une mélodie constituée des instruments de musique qu’il voulait pour sa maquette, il était contraint de s’exercer avec sa bouche et voyant l’ampleur que ça prenait il s’est plu au point de bâtir la notoriété qui est sienne aujourd’hui. C’est le même procédé aujourd’hui. Pas assez d’argent, avec la prolifération des logiciels de programmations et quelques tutoriels, le beatmaking est devenu incontournable sur la scène musicale Camerounaise, plusieurs sont même autodidactes à la limite. Tout le monde veut l’être, tout le monde veut se faire un nom. Mais les plus opportunistes se mutent aussi en label question d’aider les proches et d’avoir plusieurs ouvertures et être plus crédible. Je dois l’avouer, les labels aujourd’hui sont les rivaux des églises de réveil. Ce nouveau marché spontané accepte et range en son sein du bon, du moins bon et du mauvais. Trouver le bon aujourd’hui qui sait ce qu’il veut et met sur pied une politique de gestion de carrière artistique est pénible. C’est un peu comme batailler pour voir la forme du sexe de l’ange. Plusieurs aujourd’hui veulent signer chez Big Dreams, Empire Company, Motherland ou encore chez Zone 2 Rap oubliant que ceux-ci un jour étaient aussi émergents.

LES LABELS ÉMERGENTS AU CAMEROUN

A vrai dire, en terme de label, il y’a en plusieurs. J’ai eu à me frotter à plus d’une dizaine pour la rédaction de ce contenu. Il est clair que je ne ferai pas le rendu de tout cela dans cet extrait. Certainement les prochaines parutions sur la question donneront l’occasion de rendre en totalité le contenu de ces recherches. Evoluons plutôt en vague de deux pour cette fois ci question de rendre le contenu digeste.

STERMANONE PROJECT STUDIO (Draw Your Star In The Sky)

Comme un jeu le mec a commencé à bâtir son édifice. Résidant dans la ville des montagnes, les signatures musicales de cet ingénieur de son donnent droit au nom du label. Avec une voix fine et délicate, on peut bien l’écouter sur les productions de Ken’cy le Samouraï Bantou. Stermanone Project studio voit le jour en 2006 avec la forte mouvance des jeunes prêts à kicker dur et fort dans les rues de Nkongsamba. Voyant ce fort talent enfouit dans les pores de ces jeunes, Steeve n’hésite pas de se lancer pour venir en aide à ceux-là même qui brulaient de passion pour le mouvement. Encore la passion et l’humanisme. A tue-tête, il n’a pas hésité à tendre la perche aux nécessiteux. En ce moment où il était focus dans le beatmaking, il se donne pour objectif de porter tout haut la jeunesse du Moungo et de valoriser la culture Camerounaise. C’est comme ça qu’il ouvre les brèches au label question de veiller à sa manière sur la carrière de ces jeunes talentueux. Tout cet acharnement lui a valu la réalisation partielle de ses nombreux objectifs. Assez sollicité depuis quelques temps grâce à son travail bien fait, il collabore pour la réalisation de l’album de Steve Mekoudja.

Fier de ses origines, il a rassemblé les meilleurs artistes du moungo sur un projet  baptisé la Nationale N° 5. La sortie c’est pour bientôt en tout cas. Le mec innove et ramène les autres contrés jusqu’à nous ; la preuve il lance sa plate-forme qui donnera accès à de multiples beats en ligne. Un vrai beat maker à suivre de très près. Bon vent à toi surtout que tes tarifs sont accessibles.

Honor and Hope family

Un autre label qui a vu le jour sous l’impulsion de la forte demande et de l’enthousiasme des jeunes très actifs de la zone bassa’a dans la capitale économique plus précisément à Douala 5e. A sa création, les studios d’enregistrement dans cette zone étaient une denrée très rare si bien qu’en voit un dans ce lieu peu importe son état, il était vu comme la manne tombée du ciel. Même problème partout ; la vision était là mais les moyens non. Julien Aser qui à cette époque était le boss et le visionnaire peinait à joindre les deux bouts. Entre trouver un beat maker pour satisfaire la demande et motiver les gars en logistique, le parcours était parsemé d’embuches. Les ambitions comme celle de se hisser en tant que distributeur, producteur et bien d’autres étaient rangés très loin au point de mourir asphyxié.  Le 2HF n’a pas connu de beaux moments mais malgré tout a décidé de se pérenniser et produit au jour d’aujourd’hui quelques-uns de ses fidèles qui depuis sa mise sur pied croit au projet plus que tout. Une philosophie de conquérant que le studio label très peu connu  véhicule.

POURQUOI LA MAYONNAISE NE PREND PAS ?

Ces labels bien que visionnaires, peinent pour la plupart à décoller à cause d’une réelle vision sur le projet. Les responsables sous estiment leur projet oubliant que, s’il est bien pensé et encadré il sera porteur et générateur de revenus. Certes les raisons financières peuvent être un blocus pour certains mais il n’en demeure pas moins que, le mimétisme a rendu une projection futuriste désuète et impossible à la limite. Bien que certains osent, d’autres se replient sur leur sort et attendent la manne venant du ciel.

ET SI LES ARTISTES ÉMERGENTS ÉTAIENT LEUR PROPRE BLOCUS ?

Qui dit label, dit artiste. Saucissonner ces deux entités devient pénible. Il est vrai que, nous nous sommes aussi penchés sur la question des artistes émergents. Très talentueux ils sont mais ça coince toujours. Le constat est presque le même dans la quasi-totalité des cas.

Mauvaise politique de gestion artistique pour certains

Très peu d’artistes aujourd’hui sont visionnaires, ne parlons même de l’audace. Pour avoir fait un freestyle qui s’est battu à avoir quelques vues sur la toile ainsi que les appréciations des proches, la starmania nait, la tête prend du volume or, aucun plan de carrière n’est envisagé, aucun suivi n’est fait soit sur le single ou le freestyle. En fait, les gars se fondent dans la masse et se contentent des likes sur la toile sans jamais penser à un devenir fiable.

Peu de foi dans le projet

Il y en a qui ne croient pas qu’ils ont du talent, que leur son est cool, mais veulent l’approbation des autres pour y croire. Bien même quand cela est fait, un bémol est toujours présent. Tellement ils ont pris l’habitude de se minimiser, ils transfèrent ces ondes dans leur projet ; conséquence de cause, tout stagne.

Pas assez de talent

Sans vouloir être méchant mais certains artistes manquent de talent. Aucune maitrise sur les mesures, le temps et le contre temps et à la fin que de la merde qui sort du studio. Aucune bonne vibe avec un flow moribond. Bref rien d’attractif et de séduisant. Tout dans l’écoute appelle à une délivrance complète et totale.

Orgueilleux et peu travailleurs

Ça rejoint amplement mon précédent propos. Tous les jours sur la toile nous souffrons et subissons les manigances de ces derniers. S’étant inscrits à l’université du savoir ancestral et personnel, ils ont du mal à recevoir la critique (constructive). Soit tu es avec eux, soit tu es contre eux. Pas assez humble de recevoir les conseils venant du consommateur, ils pensent que tout ce qui est mis sur la toile est obligé de plaire or des contenus sont souvent avariés.

Mauvaise orientation

Il n’est pas mauvais de faire des reprises c’est même très plaisant et humble de reconnaitre que notre prédécesseur a fait du bon boulot et tellement le son est digeste qu’on veut le refaire. Mais bâtir sa carrière dessus hum c’est risqué. Certes c’est une stratégie de se faire une fan base mais les fans veulent aussi écouter de l’originalité à un moment, voir de quoi l’artiste est capable sans s’accrocher sur un échantillon (un son déjà fait) ou alors sans s’intéresser aux face B.

 

Certes il n’est pas représentatif compte tenu de ce que les labels sont sélectifs mais bon un deuxième volume y sera consacré question d’épiloguer amplement sur la question.

KAMER URBAIN | le Reflet de la Culture Urbaine du Cameroun

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