La musique urbaine attire de plus en plus les convoitises, l’art graphique n’est pas des moindres, le cas de l’art du dessin et de la peinture qui prennent de plus en plus vie dans le commun des Camerounais via de nombreuses réalisations de certains jeunes qui partagent leur création via les réseaux sociaux. L’un des plus originaux dans le domaine est Kobe Williams, via ses dessins de portrait de célébrités 237, avec pour spécialisation l’utilisation d’un tableau noir et de la craie comme outil de création. Pour mieux percevoir la magie, nous sommes allé vers lui et l’échange a été fructueux.

 

Comment doit-on présenter Kobe Williams ?

En fait je dirai que je suis un visionnaire, cet appellation ne vient pas de moi mais de ceux qui m’observent. Ils m’appellent le visionnaire ou le penseur car je suis quelqu’un qui réfléchit généralement sur les choses que les autres ne pensent pas, je suis du genre : si dans une rue je vois des gens courir tous vers une direction, la chose que je ferai direct c’est de savoir pourquoi ils ne vont pas dans l’autre direction.

 

Prof ou artiste ? Où est ce que tu te retrouves au mieux ?

Les deux, vous savez dans la vie nous sommes tous des profs, même en famille on donne des conseils, j’ai pu associer l’enseignement et l’art et aujourd’hui mon rêve serai d’enseigner le dessin, avec ses techniques, partager mon expérience…

D’où t’es venu l’idée de faire du dessin avec la craie ?

Déjà je n’ai pas commencé avec la craie, les gens m’ont découvert avec des dessins fait avec des produits de maquillage et je l’ai fait pendant plus de deux ans. C’est le 21 septembre 2016 lorsque j’étais en train de donner un cours en classe, puis en regardant la craie je me suis demandé pourquoi je ne devrais pas faire des dessins avec la craie ? Car dessiner avec la craie c’est l’inverse d’un dessin classique, dessiner c’est suivre des traits, et avec la craie c’est les espaces vides du dessin classique qui sont plutôt remplie sachant le tableau noir et que la craie est blanche, inversement c’est dessiner sur un papier blanc avec un pinceau de couleur. Et mon premier dessin avec la craie était MANU DIBANGO, et après j’ai enchaîné en m’améliorant chaque jour car je suis quelqu’un qui n’aime pas rester au même niveau, c’est ça qui a permis à aboutir à ce que vous voyez aujourd’hui, c’est de l’expérience et la pratique, voilà déjà 70 portraits et sans compter les caricatures en une année.

À la base, l’on a cru que « tableau et craie » c’était ton domaine de prédilection, mais depuis tu nous propose autre chose, dis c’est quoi ton secret?

Mon secret c’est la recherche, et je lis énormément, je vois ce que d’autres dessinateurs des autres continents font et j’essaie d’associer cela à mon environnement, j’aime innover, j’aime faire ce que les gens n’ont pas l’habitude faire, j’aime montrer aux gens ce qu’ils n’ont pas l’habitude de voir. Je peux te faire aimer un caillou que tu as l’habitude de simplifier, en fait c’est ça l’art et c’est ça  l’esprit artistique et j’ai ça, contrairement à beaucoup d’artistes. L’esprit artistique c’est voir le beau en toute chose, il suffit de rentrer à la base et se dire que Dieu a créé toute chose belle, c’est l’homme qui dit : « c’est laid ».

 

Que penses-tu de la culture urbaine actuellement ?

Je suis très très content de la culture en général au Cameroun et surtout très content que la musique urbaine monte vraiment, elle a pris un envole qui me fait plaisir. Le regard que j’ai c’est que quand vous êtes dans un pays où les gens ne cherchent que des activités qui vont leur apporter de l’argent, c’est pourquoi vous verrez, y’a pas tellement de regards sur la culture, nous sommes dans un pays où les gens vivent avec presque rien, faut pas trop tirer sur le gouvernement faut que l’on se regarde soi-même. Il faut que les Camerounais commencent à suivre leurs rêves et là  le gouvernement va les suivre, on ne peut aider des gens qui ne croient pas en eux-même. C’est pourquoi le ministère de la culture regarde de plus en plus la culture urbaine, c’est aussi le cas du cinéma qui se bouge de jour en jour, et j’espère que par moi le dessin pourra aussi bouger.

 

Que penses-tu du clash Makossa vs hip-hop ?

Là ça vient du buzz après ce que Nernos a dit à propos du Makossa, et les gens ont mal pris surtout le grand-frère Tchop Tchop l’a mal pris, il n’a pas compris le sens, car c’était pas dans le sens propre, il y’a toujours eu un clash avec le Makossa et les rappeurs, dans le passé ceux qui dirigeaient la musique camerounaise étaient les artistes Makossa, pour qu’un rappeur passe il fallait un artiste Makossa tienne sa main, ce qui frustrait les rappeurs, or les rappeurs ont bossé et les icones du Makossa n’ont pas changé, ils sont resté dans la tradition au lieu d’évoluer, regardez Fally Ipupa qui fait des gros featurings, ceci c’est dans le but d’avoir de nouveaux fans. Les jeunes aujourd’hui sont ceux qui consomment et ils ne consomment pas l’ancien Makossa, or ils pourraient consommer le Makossa afropop. On consomme par exemple Manu Dibango parce qu’il fait du Makossa associé au jazz, et là ça touche un grand nombre. Aujourd’hui le Rap est au top et le Makossa est endormi, et Nernos dit qu’il est content vu que les anciens ne les laissaient pas évoluer, aujourd’hui qu’ils se sont endormi les jeunes se sont réveillé, et il en est fier. En fait c’est ce que je pense…

C’est quoi tes projets?

J’ai beaucoup de projets, actuellement il y’a le « 3d Town Tour », je vais faire le tour des villes où je vais faire du street Art 3D, je vais commencer à Douala puis Yaoundé, les gens verront ça sur les réseaux sociaux car il y aura une communication qui va avec.  Le second projet, il est très original et les gars ne l’on jamais fait dans le monde, organiser une exposition des œuvres de la craie qui arrivera l’année prochaine.

 

Comment fait-on pour avoir une de tes œuvres?

Pour entrer en contact avec moi, pour une œuvre ou avoir un portrait, il suffit de me contacter par mes comptes de réseaux sociaux :

Facebook : kobewilliams art

Instagram : kobewilliams_art

Twitter : @kobewilliamsart

Email : kobewilliamsart@gmail.com

 

Un dernier mot ?

Tous ce que je dirai aux gens c’est de rêver et de continuer à tenir sur les projets qu’ils ont, car ce n’est pas facile quand il faut se frayer un chemin, quand le chemin est déjà frayé c’est facile, mais quand c’est à toi de le faire c’est difficile, c’est un peu mon cas, je suis en train de frayer un large chemin pour l’art camerounais, pour la peinture et le dessin. Mais pour l’instant il ne faut pas arrêter de rêver c’est grâce au rêve que la société vit.

KAMER URBAIN | le Reflet de la Culture Urbaine du Cameroun

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