Bonjour Gabin, tu vas bien j’espère, moi ça va super bien.

Bonjour KENNE ou je dois dire Kamer Urbain

Comment voudrais-tu qu’on te présente ?

Bon bah ! comment je voudrai qu’on me présente, j’aimerai qu’on me présente comme un artiste, comme j’aime souvent le dire, je suis pas une star, les stars les stars ça s’éteint un jour, les étoiles ça s’éteint un jour donc je suis un artiste designer, designer graphique spécialisé dans le street wear et je fais aussi du textile et tapis.

Tu es actuellement l’un des plus anciens designers de street wear au Cameroun, depuis combien d’années tu exerces en tant que designer et quelles sont tes impressions sur l’évolution actuelle du Street wear au Cameroun ?

Oui c’est un peu vrai, on peut dire que je suis l’un de ceux-là qui ont été là dès le début parce que moi je suis issu des Années 2000 – 2005 oui parce que avant il y avait des grands frères, je suis là depuis 2005 normalement, j’ai trimé et dernièrement je célébrais mes 10 ans. 10 ans pourquoi, parce que dès 2005 j’ai pas commencé à faire les t-shirts directement comme ça se fait aujourd’hui, dès que quelqu’un découvre le street wear il commence directement à faire des t-shirts et il veut les mettre en vente, non, on a passé le temps, je regardais par exemple Suprême Foboer à la télé, je suis de sa tranche d’âge quoi ! Mais lui il était là avant moi, au-devant de la scène même si je peux dire que peut-être on a commencé au même moment mais au-devant de la scène je le voyais à la télé à l’époque. L’évolution du street wear aujourd’hui, on va dire que c’est bon, sincèrement c’est bon, de ce que nous on a fait jusqu’aujourd’hui quand tu regardes ce qui se fait, il y’a de l’évolution, il y’a de la matière, il y’a des idées, ouais aujourd’hui c’est plus comme avant en même temps, les jeunes designers ne souffrent plus trop pour savoir comment ça se fait, c’est pourquoi souvent il y’a des petites légèretés qui se voient mais si non c’est bon , c’est bon moi j’apprécie, ils sont nombreux ses nouveaux designers qui ont compris, ils viennent ils essaient de se renseigner, ils essaient de savoir comment ça fonctionne, ça évolue, c’est bon, la qualité est là, peut-être toujours pas l’organisation mais ça avance et c’est bon.

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Faisons un rétro, tu as participé à I Love Fashion Street organisé par Kamer Urbain en 2012, qu’en as-tu pensé ? Et pense-tu qu’il y’a assez d’événements qui mettent en avant la Street Wear au Cameroun ?

(Rire) I Love Fashion Street est le seul vrai événement street wear auquel j’ai participé, sincèrement vu comment c’était fait avec les petits moyens qu’il y avait, je me rappelle c’est la première fois que j’avais réussi à ramener on peut dire le chef de notre famille pour qu’il vienne voir ce que je fais et il était super super étonné de savoir que les jeunes se lançaient dans ce secteur d’activités. J’ai pas compris pourquoi il y’a pas eu de suite mais bon ça arrive, sinon c’était un très bel événement, sincèrement un très bel événement, pour la première fois tous les designers étaient réunis au même endroit chacun dans son stand à présenter ses créations, les gens qui arrivaient et qui appréciaient, il y avait pas de musiciens pour venir nous embrouiller dans notre couloir, c’était nous, nous on était à l’affiche, on présentait on vendait, après on faisait un ptit défilé, c’était la fête quoi, c’était super cool c’était un très bel événement, bon j’espère qu’un jour ça reviendra. Actuellement il y’a pas assez d’événements street wear, la preuve aujourd’hui on s’est limité à organiser nos ventes privées nous-mêmes, c’est ça le résultat du manque d’événements street wear, la faute aussi un petit peu à nous heiin !! Parce qu’à un moment donné entre 2010-2015 avec d’autres propriétaires de marque, on a essayé de créer une association, on a essayé de se mettre ensemble afin de pouvoir nous-même gérer nos propres événements mais hélas !! Il y’avait trop de stars parmi nous, ça n’a pas pu marcher, trop de prises de tête, des gens qui essayaient de conserver leur territoire et résultat aujourd’hui on n’a pas d’événements déjà organisé par nous-même, c’est vrai que ça ne devait pas venir de nous mais après qu’est-ce que ça rapporte aux autres promoteurs d’organiser des événements spécialement dédié au street wear. Dieu merci, aujourd’hui on a le Douala Hip-hop Festival, les organisateurs pensent à nous, quand je regarde la promotion de cette année, ils font carrément leur communication sur le street wear, c’est un événement sur lequel on va se focaliser. Pour le reste on se bat dans les foires, tu te bats dans les foires expo et puis à un moment tu fais ta vente privée et si tu n’as pas un carnet d’adresses assez fourni pour ramener les gens, bon tu vas te débrouiller, c’est aussi pour ça qu’on dit que le plus important c’est pas de vendre mais de faire connaitre sa marque, faire découvrir sa marque, la faire connaître, la faire apprécier, après quand tu vas organiser une vente privée où que ce soit les gens viendront quand c’est bon c’est bon.

Tout récemment tu as sorti ta marque de pagne qui s’appelle « Per-aa », qu’est-ce que « Per-aa » veut dire et comment tu présentes cette nouvelle marque de pagne ?

Huuummmmm !!! Per-aa, Per-aa, Per-aa en sanskrit c’est l’habit du souverain en ce qui concerne le boubou et pour les espadrilles c’est la barque du souverain, c’est en ancien égyptien, si tu regardes les logos, les logos sont des hiéroglyphes, un qui présente une barque ancienne et l’autre qui présente une demeure de souverain avec un bâton de souverain, le truc est simple : on est tous des rois, on est tous des reines, on l’oublie souvent et on a l’a carrément oublié, parce que quand tu regardes comment les gens se disent : qu’est-ce que je suis, l’autre a un tel talent moi je n’en ai pas, l’autre est bien moi je le suis pas, alors qu’au fond on est identiques et comme on a tendance à oublier cela, je me suis dit, bon je prends un design je trace dessus des signes des symboles de vie, de grandeur, de la nature, quand tu l’arbore tu redeviens un souverain, tu te rappelles que tu l’es en fait, quand tu portes l’espadrille tu te rappelles que tu peux marcher sur l’eau, Per-aa c’est l’habit du souverain c’est la barque du souverain. Je me suis rendu compte qu’on est actuellement en Afrique en quête d’identité, on veut trop s’affirmer, on aime s’affirmer mais on le fait avec des éléments et des objets qui ne sont pas souvent les nôtres parce que, juste parce que c’est un peu coloré, juste parce qu’il y’a quelques signes et symboles même si c’est pas fait ici, bon on s’en fout souvent que ce soit pas fait ici et au final on se trompe même souvent, on arbore et on s’affiche avec des choses qui ne nous appartiennent pas tout simplement qu’on aime la joie, on aime les couleurs et là j’ai pris l’initiative de proposer quelque chose qui est d’ici, qui parle d’ici parce que tous les designs, toutes les représentations qui sont dans ce pagne sont d’ici, inspirées d’ici, inspirées de l’Afrique.

Pour agrémenter le tout, tu as mis sur le marché des Boubous et des espadrilles fait à base du pagne « Per-aa » et tu es également graphiste, d’où tires-tu toute cette inspiration phénoménale ? Quelle est ton secret ?

Oui Per-aa ça se retrouve pas encore en morceaux, pas encore en pagne mais juste en boubou et en espadrille. Oui je suis graphiste designer, graphiste textile, d’où je tire mon inspiration ? Père je vais te dire que dans un premier temps moi je suis autodidacte, sincèrement pour ta question, la réponse c’est la passion parce que dans mes débuts je me suis d’abord assis dans une salle où on donne des cours, où on dit pour faire ci on fait ça, non, j’ai mon grand frère à qui j’aime souvent dire merci, au début je ne le comprenais pas maintenant je le comprends, il n’avait pas assez de temps, Abdel Aziz Liman, il est propriétaire de la marque Hope Wear, un des graphistes les plus reconnus actuellement parce que beaucoup d’œuvres dans le Cameroun viennent de lui, il m’a dit type j’ai pas le temps je te grave le logiciel Corel Draw sur CD tu vas aller te battre à la maison, lui il parle toujours comme ça, je suis rentré j’ai installé dans l’ordinateur je rentrais des cours, j’avais pas le droit de toucher à l’ordinateur parce qu’il y’avait les cours. Mais chaque week-end, je vais te dire, chaque week-end j’avais installé dans l’ordinateur d’un de mes amis qui était étudiant, Ibrahima, j’y allais vendredi soir et je passais toute la nuit devant l’ordinateur, c’est-à-dire que vendredi soir je passe toute la nuit je rentre samedi vers 17h-18h, tu imagines chaque week-end, au début c’était ça j’étais assis devant un logiciel que je ne maîtrise même pas que je ne sais même pas où on doit cliquer ou commencer, je passe 24h dessus à essayer de faire des formes, à essayer de mettre des couleurs, au fur et à mesure j’ai pu découvrir, j’allais chez Aziz m’assoir quand il travaille tu vois comment il fait et puis tu rentres tu essaie de refaire la même chose, c’est comme ça que j’ai appris. C’est la passion j’aime ce que je fais, au début c’était le dessin, le dessin à la main à un moment donné c’était lourd même si je dessinais bien mais c’était lourd parce que pour faire un petit truc tu prenais assez de temps alors qu’avec l’ordinateur ça va très vite. C’est la passion, c’est la passion, après on a le talent à l’intérieur de nous, je suis quelqu’un de très très inspiré, je suis très très créatif, c’est-à-dire pour moi je développe tout, un point c’est pas un point pour moi, quand tu vois une tâche sur le sol moi je vois autre chose, si tu me rencontre et tu m’explique ton projet, pendant que tu es encore à la conception moi je suis déjà à la fin c’est pour ça que je dis souvent aux gens, vient avec ton projet quand tu es déjà au moment de la conclusion sinon je vais me retrouver à développer totalement ton projet, à développer ton dessin, non vas-y conçois totalement et tu viens avec parce que moi je me demande souvent ce qui se passe dans ma tête, ça va très vite, ça va très vite au point où les autres m’appellent la fusée (ça me fait rire) et d’autres disent toi tu expliques les choses trop facilement les choses qui sont difficiles, j’ai souvent ce problème avec des amis, quand tu es en train de bloquer sur une situation moi j’ai déjà vu la fin et moi je suis toujours vers la fin et j’ai trouvé le fond très très rapidement, j’ai vu la difficulté, c’est un peu ça et c’est aussi comme ça dans la création, je m’assois et je me dis qu’est-ce que je veux, le plus important c’est ça en fait, quand tu sais ce que tu veux après le reste ça vient totalement, tu as un point, tu as un carré, tu as une ligne, ainsi de suite ainsi de suite, plus tu penses plus ça vient.

Un conseil à prodiguer à ces jeunes qui veulent être comme toi ?

Pour devenir comme moi c’est pas facile, à ceux-là qui rêvent devenir comme moi c’est juste le travail, il y’a pas la magie, il faut aimer ce qu’on fait, c’est tout. Si tu te retrouves à dessiner pendant plusieurs heures sans ressentir de la fatigue et que tu passes deux trois jours à l’atelier à imprimer des t-shirts et au moment où tout le monde rentre toi tu as encore la force pour continuer à bosser au point d’aller t’asseoir boire une bière sache que ça c’est pour toi mais si à un moment tu te retrouves à dessiner et après une heure de temps tu dis « aaahhh je suis fatigué », mon frère abandonne parce que ça demande du temps, sincèrement du temps pour savoir ce que je sais, ce que je fais. Il faut se lâcher, il faut aimer ce qu’on fait, il faut savoir ce qu’on veut, il faut avoir de la passion, il faut donner du temps à ce qu’on fait, c’est ça le secret, il faut aussi beaucoup se cultiver, se rapprocher de ceux-là qui étaient là avant pour avoir quelques petits secrets et rudiments.

Un dernier mot à tous nos lecteurs

Bon bah !! comme derniers mots on va dire à tous les lecteurs de Kamer Urbain, restez connecté, restez scotché, le meilleur de l’info je crois c’est ici hein (ahahahaha), on va dire que Per-aa est dehors, Boubou-espadrille pour l’instant, street wear un peu en stand-by, je suis dans le street style, donc que Per-aa est là, j’ai pour mission de faire connaitre ce label, franchement c’est pas comme avec les collections street wear qu’on fait et qu’on arrête non là c’est différent, tant que je reste pas ici là comme ça à la télé je vois ça de l’autre côté-là-bas au Congo, en Guinée, en Afrique du Sud, aux USA, en France, tant que j’aurai pas atteint ce but je ne referai pas une autre collection street wear, je suis dans le street style, on doit connaitre ce label, je dois le vendre, les choses deviennent plus sérieuses, on doit aller vers l’industrie de l’habillement. Ce qui viendra après Per-aa sera encore plus fort mais ça sera dans le même sillage mais bref je ne vais pas en dire plus, Per-aa est disponible partout ou sur whatsapp, il y’a mon numéro sur tous mes visuels. Merci beaucoup KENNE, merci Kamer Urbain.

Contact : +237694736144 (WhatsApp)

Facebook : Per-aa ou Design by Gab’Un

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