Le sens du mot piment a complètement muté au Cameroun durant les cinq dernières années surtout avec la mouvance technologique et musicale qui engendrent nous devons le reconnaître d’énormes fonds dans les caisses et la visibilité du pays. Sauf que ces éléments semblent aussi faciliter la prise en considération par la jeunesse  des concepts totalement banals faisant faillite à la morale au sens propre du terme. Le piment est donc quitté d’un simple ingrédient  culinaire pour être adapté à un phénomène sociétal qui est connu comme étant l’un des plus vieux « métier au monde » à savoir la prostitution. Bien évidemment, Le concept « vendre le piment est devenu dans certains milieux  une norme » ; de nos jours. Ainsi, Difficile de se balader   dans une  rue sans suivre ce concept. Pour étayer d’avantage cette accroche nous commencerons par se questionner : en quoi est ce que ce concept devient-il inquiétant pour la société camerounaise ?

UN MOT,  DEUX SENS

Commençons d’abord par disséquer les différents sens du mot piment. A la base le piment est connu comme étant un ingrédient piquant utilisé dans l’épicerie de l’art culinaire. Lorsque nous récupérons la partie piquante du piment, nous remarquons une connotation sexuelle qui est faite autour de celui-ci. Dans les banlieues françaises, on parle de  « schnek », en côte d’ivoire on parle de  « kpetou », au Cameroun et dans certains pays africains on parle de « piment » ; tous ces langages  désignent en français courant le « vagin ». Ce concept ne se limite pas seulement à une polysémie langagière mais il va plus loin que ça ; car il s’inscrit dans un changement négatif des mentalités en entrainant avec lui d’autres concepts encore plus dangereux à savoir : « faire le Djansang » comme pour dire faire de la dépigmentation cutanée qui est une action de décoloration corporelle ; et des vêtements faisant allusion  à ce qu’on appelle DVD (Dos et Ventre Dehors)

LA MATÉRIALISATION DU CONCEPT

Qui ignore la phrase « argent en main caleçon en bas » ? Il y’a très longtemps le regretté mémoire Jean Michel Kankan décriait ce phénomène de prostitution. Force est de constater qu’il s’adapte aussi à la modernisation car même si le fond reste le même les techniques d’approche et les manières de vendre le piment a complètement changé. Les pratiques s’adaptent aussi bien aux nouvelles formes de technologies. JOVI, de manière ironique dans son dernier Extend Play (EP) à travers le titre Ndolè et via son dernier album essaie de peindre cet aspect en décrivant la mentalité pimentière  faite dans les différents quartiers. Faut donc dire avec exactitude que ce mouvement fait parti d’un deal direct ou indirect ; conscient ou inconscient qui s’opère dans tous les secteurs d’activité, dans tous les coins de rue (bar, snack bar, boite de nuit, au bureau avec les positions canapé, dans le showbiz, etc.). C’est devenu un fait social qui n’est plus réservé « aux filles de rue » mais à toutes celles qui sont fans des avantages de service sans efforts personnels. On vend le piment pour tout et pour rien, ça devient comme on le dit vulgairement « la mode ». Une mode à la Nathalie. Quelle image !!  Comme je le disais en amont, ce phénomène à travers lui a entrainé beaucoup d’autres à savoir : le pantherisme  qui est une autre manière de situer les filles étant  à la « mode » pour ne pas dire les filles qui aiment le bling bling, les filles débauchées. Elles se font appeler au début par les débutantes « ma mère »,  manière pour celles-là de marquer un minimum de respect aux anciennes dans le business. Une fois atteint un bon nombre de filleules, « la panthère » se fait appeler « crocodile ». Autant d’appellations et de contenus qui transforment le fait social de pimenterie en un véritable danger pour la jeunesse. Tout au long de mon observation, j’ai eu une question qui me traversait l’esprit qui était celle de savoir : Comment ce fait social est-il très vite devenu une mode ?

UNE PROLIFÉRATION  ALARMANTE

Dès lors que nous considérons la musique, la télévision, le cinéma et internet comme des médias de masses, force est de percevoir ceux-ci comme des grands vecteurs de prolifération. Car c’est à travers l’agenda que nous offre par exemple la télévision qu’on arrive à un manque de considération pour ce qui est de la morale. Internet quant à lui devient le lieu de liberté et même du libertinage ou on fait ce qu’on veut et on voit ce qu’on veut tout dépend de nos envies et moyens. Si on m’avait dit un jour que la perte de nos valeurs Bantou devait être si rapide j’aurais dit non. Il y’a quelques mois ici à Kamer Urbain on fustigeait la perte du vrai teint africain qui aurait perdu sa place sur le corps des jeunes filles à cause du Djansang (dépigmentation de la peau).  Avec tous ces arguments, parfois je me dis que la jeunesse va revenir sur le droit chemin et parfois je me dis non. Car elle est devenue très vite influençable à cause notamment de la  mondialisation ayant un contenu puéril ; parce qu’aujourd’hui, nous aimons tout ce qui est sexe, tout ce qui se ramène à un contenu de piment au sens large du terme.  J’ai constaté que la majeure partie des tubes du 237 qui ont eu le vent en poupe depuis les sept dernières années  s’inscrivent dans ce sillage. De « met l’argent à terre » de JOVI à « PIMENT DANS LA SAUCE » de RENISS en passant par « colles la petite » DE FRANKO sans oublier les multiples sons à caractères pornographiques de Maahlox ; Ces clips  ont été beaucoup aimés parce qu’ils ont touchés les parties essentielles de l’anatomie de la femme.

UNE NOUVELLE PERSPECTIVE

Je n’ai jamais dit que faire la fête était une mauvaise chose mais je pense qu’il est important de savoir joindre l’utile à l’agréable car tout indique l’un comme l’autre un certain équilibre dans nos actions. Arrêtons de mal  copier et faisons ce qui est essentiel  car  toute réussite dépend d’une meilleure conduite. Oui, certaines filles qui liront cet article me diront certainement Nathalie Piment ou Coco Piment n’ont-elles pas réussies ? Et à moi de répondre : qu’est-ce que la réussite ? Est-ce que réussir dépend des biens acquis au détriment de la  perte des valeurs morales ? Et à vous  de  me répondre.

KAMER URBAIN | le Reflet de la Culture Urbaine du Cameroun

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