La musique Camerounaise en particulier et Africaine en général se porte bien, les collaborations entre les artistes de différente nationalité sont de plus en plus fréquentes, ceci pour le plus grand plaisir des mélomanes qui deviennent de plus en plus exigeants, également pour l’intérêt de l’artiste qui demande la collaboration car il est à la quête d’un nouveau public par ricochet d’un nouveau marché. C’est forcément dans ce même état d’esprit que Charlotte Dipanda s’est associée à Yemi Alade pour produire « Sista » qui est extrait de son 4e album intitulé « Un jour dans ma vie », une collaboration entre le Cameroun et le Nigéria, une collaboration qui soude encore les liens entre voisins.

 

LA COLLABORATION

Une collaboration est une association, c’est le fait de mettre ensemble deux ou plusieurs artistes ou des groupe d’artistes  sur une même musique afin de véhiculer un message fort ou donner une certaine visibilité à celui ou ceux qui n’en ont pas encore assez. Très souvent, celui-là est un artiste en herbe (personne qui, n’ayant pas assez de notoriété, se greffe à une autre qui l’a déjà afin se frayer un chemin par le biais de ce featuring). Il est vrai que de nos jours, ce principe n’est plus « respecté » ; les uns et les autres se mettent en collabo en fonction non seulement des affinités, du feeling mais aussi pour augmenter le nombre de zéro sur sa valeur monétaire.

 

LA CHANSON PROPREMENT DITE

Titre assez évocateur, exprimé en langue anglaise qui signifie « sœur », l’auteure nous pousse à comprendre que, tout comme la famille, la parenté n’est pas que biologique. Bien qu’étant de nationalité différente, ces deux dames se reconnaissent comme étant sœur. L’une d’elle le témoigne si bien en ces termes : « ma Sister d’une autre mère ». Progénitures de la mère Afrique, elles comptent par le canal de cette chanson apporter une touche particulière dans la résolution de ce problème commun qu’ont leurs pays à savoir le Cameroun et le Nigeria avec cet épineux problème de Boko Haram. Même si ce n’était pas l’objectif visé, je reste convaincu que cette chanson même de manière sous-jacente vient dans cet élan.

Des sœurs qui s’accompagnent dans une sonorité de l’heure, leur permettant ainsi de s’exprimer aisément sur les mesures qui sont les leurs. On peut bien voir les deux s’amuser comme des gamines sur quelques vers en langue d’appartenance de l’autre ce qui témoigne à juste titre d’une réelle complicité, du feeling, du bon choix dans la sélection pour le feat.

Le vidéogramme vient rappeler la maturité musicale et le professionnalisme dans le travail qui aujourd’hui leur sert de gagne-pain. La beauté du décor reflète l’Afrique dans son ensemble bien qu’il soit entouré de simples matériels mais qui mis ensemble, donnent une autre vision et un éclat à nul autre pareil. C’est tout simplement beau.

 

UNE COLLABORATION AU PROFIT DE QUI ?

Je dois l’avouer je reste sur ma soif tout en ressentant une grosse déception. Imagine un peu un gars qu’on invite à un mariage et ce dernier décide d’être plus chaud que le marié. Le boy se met une fois sur son 31 hein avec un cadeau de marque ; mais à la réception il boit seulement une petite bière (quel gâchis). Rappelons déjà que, c’est Charlotte Dipanda qui appelle Yemi Alade en featuring. Autrement dit, elle devrait avoir la maîtrise de tout étant donné qu’il s’agit à la base de son œuvre.

Aucun reflet Camerounais dans ce vidéogramme nonobstant la langue Duala bien sûr utilisée par Charlotte Dipanda et repris quelques fois par Yemi Alade. Aucun vestimentaire qui même par erreur symbolise un groupe ethnique du Cameroun. Rien ne renvoie au département du Moungo d’où est originaire la jeune camerounaise du village Bakaka pour être plus précis. Rien comme décor ne fait allusion au 237 pas même les ustensiles de cuisine utilisés pour simuler la cuisson. La preuve, la posture de celle qui joue ce rôle est typiquement propre à l’Afrique de l’Ouest tout comme son vestimentaire.

Bien qu’ayant assez de mesures pour s’exprimer, l’on a plutôt l’impression que la jeune dame camerounaise se fait absorber dans sa propre chanson un peu comme les commerçants camerounais sont envahis par les chinois à Akwa ou encore la grosse claque que Mani Bella reçoit dans son titre déranger où elle est en featuring avec Ténor. A mon sens, le scénario n’est pas pensé à la camerounaise ce qui pour moi est une grosse déception car, la musique qui relève de la culture est aussi là pour vendre les valeurs de la nation.

Nous comprenons dès lors que, le problème réside depuis la base où, nul ne maîtrise parfaitement ses valeurs culturelles, où l’acculturation a pris le pas sur nous et se conjugue à tous les temps au point de battre le record de la corruption au Cameroun. Bien que mettant en avant l’Afrique en général, je reste sur ma faim, je conçois que cette collaboration était juste formaliste sinon l’apologie d’une culture autre que celle Camerounaise.

KAMER URBAIN | le Reflet de la Culture Urbaine du Cameroun

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