AVIS AUX AMES SENSIBLES tel devait être le message d’alerte avant la diffusion d’une chanson de nos jours. Depuis quelques années déjà, la musique camerounaise gagne du terrain avec des vidéogrammes bien faits, importés et calqués à la U.S.A. Tout le monde se trémousse, laisse entrevoir ses parties intimes avec la complicité du réalisateur et de l’artiste juste pour faire vendre le produit. On assiste dès lors à un court métrage réservé aux adultes.

 

DE LA MUSIQUE A LA MUSIQUE DU BAR

 

Comment et par quelle alchimie a pu s’opérer la transition ? Elle fut tellement subite qu’on a du mal à la rendre chronologique.

Qui n’a pas aimé les sons de Nkotti François ou de ses homologues tels que Ben Decca ou Dina Bell, Big B-Zy, Bantou Pô si, pour ne citer que ceux-là ?  Peu importe le titre de l’un d’entre ces grands messieurs que tu prendras, tu trouveras le respect de ce qu’on appelle musique. De l’instrumental jusqu’aux lyrics passant par les voix, celle du lead vocal ou des psalmistes. Tout était synchro, agréable à l’écoute. Pas de dérive, que ce soit dans le placement d’une note ou de l’harmonie instrumentale.  De telles attitudes révèlent le souci de la perfection, la « vraie » passion, l’amour que l’on a pour ce qu’on fait. A cette époque qui n’est pas si loin de nous, on parlait toujours de show et biz. Jamais l’un sans l’autre. La complémentarité des deux notions était de mise. Pour avoir le biz fallait assurer dans le show et tout ce que cela comporte. Le comité national de censure étant en exercice, avait même du mal à faire leur boulot tellement la norme était respectée, le souci d’éducation, de sensibilisation, les artistes l’avaient. Le respect des mœurs était de rigueur. Le chantre se reconnaissait d’abord comme parent, acteur social et comme tel, il n’avait pas droit à l’erreur. Est-ce encore le cas aujourd’hui ? J’en doute.

 

La nouvelle génération a pu rendre dynamique ces rythmes locaux, s’arrimer à l’ère du R.A.P, Hip Hop, l’afro trap et pop et j’en passe. Nul ne dira qu’ils n’excellent pas dans ça bien au contraire ils ont redoré le blason de l’écurie musicale camerounaise. Nous sommes fiers de voir par exemple le groupe X-Maleya faire un concert à l’Élysée, de voir nos frères être invités ailleurs pour prester et vendre la musique camerounaise. Mais comme dans tous les domaines, les brebis galeuses abondent les trottoirs et nous servent des contenus qui ma foi méritent d’être diffusés aux alentours de 23 heures quand les plus jeunes dorment compte tenu de l’agressivité et des violences sexuelles qui s’en dégagent.

 

En fait, le problème c’est qu’on a banalisé la norme et normalisé le pathologique (le défaut).  Un peu comme une sex workers à qui tu promets ciel et terre pour qu’elle arrête de livrer son piment pour quelques centimes de pièces sur la place publique ; fin de compte RIEN, elle n’arrêtera guère. On a du mal à dissocier la femme de mauvaise vie de la star ou des danseuses dans nos vidéogrammes. On assiste à un court métrage pornographique en longueur de journée, les parties de jambe en l’air si bien que, le parent qui est assis devant son poste téléviseur avec ses enfants a du mal à passer sur un autre signal tellement la morale a foutu le camp pour céder la place au voyoutisme. Certains aigris diront qu’ils ne voient pas où se trouve le mal dans ces chansons. Aujourd’hui, ces Artistes sont sur les traces de leurs prédécesseurs K-Tino, Amazone et Tchakala VIP, et autres. Ok déchiffrons-les au cas par cas en fonction de leur statut.

1- Le Proxénète Maahlox

Je le disais déjà une fois dans une rédaction où est passé le respect de la femme dans la musique camerounaise ? Je vous convie humblement de jeter un œil sur les sons de Maahlox. Fait-il toujours de la musique ou il blanchit sa structure de placement des sex workers qui se plaisent à remuer leur bosse ?  L’épidémie Maahlox nous sert en avant-goût de son prochain film (oui il est déjà scénariste) pornographique. Je suis sûr qu’il sera l’acteur principal. L’allure avec laquelle les filles se trémoussent dans ses clips laisse croire qu’elles ont reçu un bon plantain de sa part avant le tournage hein. La quasi-totalité des célibataires s’émoustillent sans aucun doute sur ses chansons tellement il captive la masse avec des titres aguicheurs et des lyrics semblables aux gémissements d’une novice dans la pratique du métier des adultes. On a du mal à l’écoute de ses chansons à dissocier le beat du mbit en activité tellement ils sont apparentés et opèrent dans le même sillage. On dirait même qu’il y’a des scènes vraiment choquantes qui se passent en off. Tu as vu la façon avec laquelle ces deux filles se tripotent dans la démo du titre un bon plantain ? C’est désolant surtout lorsque les porteurs du flambeau se pervertissent et entrainent dans leur ruine des filles jadis de bonne moralité qui finissent par se compromettre pour un billet vert de la zone CEMAC. La majorité des sons de ce dernier riment avec pornographie. Je vous convie vivement de regarder finit avec j’ai du mal à croire qu’il ne s’agissait pas d’un striptease.

2- Blanche Bailly, la go qui vend ses formes plus que sa musique

Quelqu’un l’a taxé de la blanche nationale et ce avec raison. Blanche Bailey dans toutes ses sorties ne manque pas de présenter sa chirurgie plastique au grand public. La vitesse avec laquelle elle a changé de couleur de peau n’allait pas attirer notre attention si au moins elle faisait la musique pour éduquer. A croire qu’elle a plutôt son gésier à vendre que son talent musical. Toujours à moitié nue, elle trouve toujours bon de servir au public ce qu’elle considère de formes généreuses. On a plutôt l’impression que le Game 237 a ouvert ses portes à une ancienne fille de joie qui profite de la moindre occasion (sa scène avec Mink’s dans Mimbayeur par exemple) pour le signifier. Malgré qu’elle chante bien, elle mise non pas sur le lyric (parce qu’il est pauvre et fait l’apologie de tout sauf des valeurs sociales) mais sur sa bosse et ses mamelons qu’elle n’hésite pas de mettre en avant pour masquer ses lacunes. En tout cas, elle n’a qu’à demeurer dans son ndjansang (décapage) vu que c’est facile à faire comme sucer un bonbon.

3- Z-Tra, la poupée érotique verte

La mère des viandeuses (Fille facile qui partage son corps à tout le monde), la poupée verte, la fille qui au nom de la popularité est prête à aborder les thèmes les plus déviants et obscènes, elle qui ne s’arrête pas qu’aux lyrics assez pervers, elle va même jusqu’à arborer des tenues dignes d’une actrice de film porno. En écoutant ses chansons et en regardant ses clips, on se demande si ce n’est pas une ancienne collègue de Rocco Siffredi qui s’est convertie à la musique. Avec des Lyrics aussi orduriers et libertins, on croirait que Z-Tra est en effet une Poupée Verte Sexuelle, elle qui pour tant est dotée d’un bon timbre vocal, qui a une énergie débordante sur scène, elle qui pour tant est jeune et pourrait réussir comme Daphne (qui tout récemment a aussi fait son coming out avec une tenue très légère et transparente), elle qui pourrait se concentrer à chanter pour des causes nobles telles que l’amour (sans la perversion), la joie (sans le piment et l’escroquerie) et bien d’autres causes qui seront de nature à changer cette image de trainée qu’elle a. Z-Tra est une artiste talentueuse qui gagnerait à arrêter de faire la musique pornographique car continuer ainsi ce serait comme rouler avec des pneus de Camion sur une berline.

 

4- Nyangono du Sud & Kamdem Patrick, les débauchés perdus

Bon ! Question simple : Nyangono sort d’où ? En tout cas dans ses marches il a ramené le trou barbu. A croire que les ressortissants de la région du Sud ont un goût prononcé pour les actes et pratiques érogènes. Faut-il pousser la réflexion loin pour savoir ce qu’est un trou barbu ? Demandez aux filles surtout à Blanche Bailey ou à Z-tra pour avoir plus de détails, elles savent mieux que moi de quoi ce gars parle. Et pour couronner le tout, le gars est nul, il a une voix de crapaud, il débite des insanités et a des clips qui datent de l’époque de la pierre taillée, mais comme il chante les bêtises, les gens parlent de lui. Décidément les artistes camerounais se foutent de la gueule du public et pensent que pour se faire connaitre il faut chanter sur les parties intimes des femmes. Mais où est passé ce comité national de censure ? Bon nous pouvons leur concéder ce laxisme compte tenu de la vitesse avec laquelle vont les choses dans la musique urbaine aujourd’hui. Chacun chante juste pour avoir le buzz, pour se faire voir et jouer le boss sur la toile.

On n’a qu’à écouter Kamdem Patrick dans son titre met dedans pour comprendre la vision de son confrère du Sud car on a l’impression qu’ils sortent de la même école. Pendant que l’un décrit ce qui est fendu, l’autre oriente et donne le mode d’emploi de la partie fendue en mettant dedans tel un objet acquis dans un super marché de la place qui a besoin d’être usé pour passer à l’étape suivante. Triste destin pour la société et la jeunesse.

 

Nos artistes se sont rendu compte de leur superficialité, du coup, ils sont contraints de faire recours à la pornographie pour s’en sortir. Si sous d’autres cieux ça passe ; pourquoi pas chez nous ? Diront-ils. Sauf que, les représailles sont irréversibles. La jeunesse fait le culte du piment. Les retombés sont perceptibles chez nos cadets qui, même dans les fêtes de fin d’année au cycle primaire si le dj ne joue pas mouf ta maman tout le monde est choqué. Il faut bien coller la petite pour se rendre compte de ce que la fête fut belle. Si après deux trois bières on peut mettre notre long ballon dedans pourquoi s’offusquer ? Après tout ce n’est ni ma tante, ni ma sœur encore moins ma cousine et même si c’est le cas alors je la mets dans la sauce tranquillement non ?

KAMER URBAIN | le Reflet de la Culture Urbaine du Cameroun

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