Cette question je me la pose trop souvent, et je sais que beaucoup cliqueront sur ce lien car elle est pertinente. Loin des critiques acerbes de Facebook ou encore des Z’expert de Bimstr, j’ai essayé de chercher autour de moi des réponses à cette situation qui pour moi est un problème. Pourquoi ? bah !! parce que je trouve que les artistes font de plus en plus d’efforts, s’investissent de plus en plus au point de payer partout où ils passent, Mais le gain n’est presque jamais au rendez-vous. Faut que désormais ça marche pour qu’en fin les différents acteurs de la musique puissent vivre pleinement de leur métier.

Le titre en réalité peut faire l’objet d’une thèse de doctorat, car des études de fond devraient être menées avec l’intervention de nombreux acteurs et ceci chacun dans son domaine et selon leurs expériences.  Donc ce papier est un essai dans lequel je fais des propositions, sur la base de mon expérience, mais aussi de l’avis de mes collaborateurs proches que sont Kenne Kenetia, le rédacteur en chef de Kamerurbain.com ; de Njike Dimitri d’Osmoz Films ; et Chercheur D’or, jeune artiste rappeur. En mon sens si ces avis sont pris en compte les choses pourraient marcher.

Le premier avis est celui de mon gars Njike, sur la question est qu’il faudra demander à ceux pour qui ça marche de partager leur expérience, mais relevait l’équivoque que personne d’eux à la base n’avait prévu un plan de carrière, aujourd’hui même eux ne peuvent pas dire ce qu’ils ont fait pour arriver où ils sont. C’est donc là mon problème, pourquoi il n’existe pas de couloir de promotion réel et sûr.

Au fil de la discussion avec les gars, j’ai constaté que l’on ne relevait que ce qui ne marche pas donc pour être pragmatique je pense qu’il serait mieux de parler des comportements et actes qu’il faut arrêter, et en réfléchissant longuement, l’idée est bonne car je n’aurais pas que dénoncer, j’aurais aussi fait des propositions.

Trois corps sont la base du développement musical, les artistes eux même, les institutions qui régissent le secteur et puis le public qui est le client. Les autres corps (producteur, manager, communicateur,…) sont aussi important, sauf qu’en mon sens ils arrivent après.

Les artistes

D’entrée de jeu que les artistes arrêtent de se tirer dessus, sortir de Facebook et confier leur communication virale sûre à des professionnels.

Il est important que les anciens sortent de leur nostalgie et comprennent que les jeunes vivent leur génération, surtout que ses jeunes sont le présent et l’avenir. De même il faut que les jeunes comprennent que les vieux ne sont pas à chasser, et c’est eux la base. Cet avis est soutenu par Chercheur d’or, ceci permettra déjà de connaitre « qui est qui » et « qui fait quoi », l’on saura qui a été artiste et qui l’est actuellement.

A côté de ça, il faut que les artistes arrêtent de vouloir tout faire à la fois, ils doivent se faire entourer d’une main d’œuvre qualifiée de passionné(e)s, ils doivent utiliser la multitude de jeunes qui s’intéressent de plus en plus à la musique.

Comment finir de parler des artistes sans leur demander d’arrêter de copier, il faudrait qu’ils utilisent la richesse culturelle que regorge le Cameroun avec ses plus de 250 tribus. Les artistes d’ailleurs réussissent à puiser ici mieux que nous, chose qui n’est pas compréhensible.

Les institutions

L’Etat du Cameroun, doit arrêter d’être aussi blagueur, c’est quoi cette histoire de plusieurs sociétés des droits d’auteurs ? Savent-il que la musique rapporte à l’Etat des milliards sous d’autres cieux ?

Obtenir une carte d’artiste à la délégation de la culture est tout un film, commencement des garanties que les ambassades ont besoin pour donner des visas à nos artistes pour des concerts à l’extérieur.

La profession n’est pas encadrée, on a qu’à voir comment finissent nos anciennes voix, les évènements grand public tant pour les jeunes que pour les anciens ne sont presque pas subventionnés.

Il y’a tellement d’artistes expérimentés ici tant sur le plan du chant que sur le plan de la maîtrise des instruments de musique, si on les utilisait pour faire nos écoles de musique, ou même des forums et séminaires, je pense que la qualité musicale de ce pays serait au top. J’ai mal de voir « les têtes brûlées » partir un à un, si leur jeu de guitare n’est pas transmis aux jeunes, pour ma part on aura fait plus de 20 ans en arrière.

Le Public

Pour Chercheur Dor le public vient de la masse, il n’a pas tort vu que c’est lui qui subit les émotions qui sont envoyées par les sons des artistes, eux ils ne prennent que ce qu’on leur offre, on ne le suit pas c’est lui qui suit l’artiste. Avis que je ne partage pas trop car je pense que les gars ici n’ont pas la culture de la consommation locale, or dans il constitue la première cible, les premiers consommateurs. Bien que l’on devrait l’éduquer à la consommation locale, pour ma part ils ne font pas assez d’effort, d’autres vont même jusqu’à refuser de consommer les artistes camerounais seulement parce qu’ils ne souhaitent pas qu’ils deviennent stars et riches (le syndrome du « il a changé » avec les phrases telles que : « N’est-ce pas il passe déjà à la télé ? Il est déjà star, il ne nous gère plus »).

Le mal est grave au point où sur les réseaux sociaux, les fans sont forts pour les longs commentaires et les big up, mais jamais présents à un concert, ceci peut même être compréhensif selon Kenne Kenetia car le mal est plus profond même le clic pour aller vers un lien YouTube est compliqué, simplement parce qu’ils ne doivent pas donner une vue, de peur que l’artiste soit plus grand. Cette idée m’a rappelé une conversation avec l’artiste JADANA sur le nombre de vues de son titre « OVFP », qui a bénéficié de nombreux partages sur Facebook mais les vues ne suivaient pas sur YouTube, donc les gars partagent même sans avoir vu.

En vrai c’est possible que les choses marchent réellement, si on s’y met un peu plus et arrêtons de faire des choses qui ne profitent qu’à nous et sur l’instant, les exemples de pays qui mise sur leur culture sont nombreux, et les bénéfices s’en suivent. Faut pas chercher loin, je ne vous amènerai pas en Europe, encore moins chez nos frères d’Afrique anglophone, savez-vous qu’au Mali les rappeurs je dis bien rappeurs font le plein des stades sans être star dehors ? Allez chez les noms tels que : Iba One, Mylmo N-Sahel, Gaspi, Tal B, Memo All Star, Yong Pô.

KAMER URBAIN | le Reflet de la Culture Urbaine du Cameroun

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