La musique urbaine camerounaise a pris une autre tournure inimaginable avec la venue des filles dans le Game. Ça devenait déjà fatiguant de toujours voir les têtes des mecs sur la scène musicale parfois même des misogynes qui s’arrangeaient du mieux qu’ils pouvaient à dénaturer la femme tant dans le lyric que dans le vidéogramme. Mais bon cette fois, on se penche sur une question : le featuring entre les go du bizz. Pourquoi la mayonnaise ne prend pas entre elles ? On dirait qu’elles sont rivales au point de se discuter le même plantain.

Les figures féminines du Game

Je m’en voudrai certainement après parce que je sais que je vais oublier plus d’une d’entre elles. Mais bon l’idée ici n’est pas de les énumérer toutes mais de comprendre pourquoi musicalement parlant entre elles ça ne colle pas.

Impossible de parler de figure féminine sans faire allusion à Nabila, Charlotte Dipanda, Blanche Bailey, Daphné, Reniss, Meshi, Ewube, Lily Swagga  Mimie, Z-tra, Mel B Akwen, Inna Money, Montess, Shura, Askia et bien d’autres.  La particularité de ces jeunes dames est qu’elles vivent de leur art, font de la bonne musique quoi que des coquilles s’y trouvent souvent. Mais au fond, elles vendent bien le 237 à l’échelle mondiale. Plusieurs parmi elles ont déjà goûté à la sensation que procure un public étranger lors d’un show. Pas de quoi se plaindre en tout cas.

A la différence des garçons qui n’hésitent pas de se donner un coup de pouce en faisant des featuring, les filles semblent plutôt pratiquer la loi du chacune pour soi. L’individualisme est perceptible. Elles ont même du mal à collaborer on dirait des coépouses.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cet état de cause mais il n’en demeure pas moins que, la solidarité féminine ne prime pas ici. Conflit d’intérêts ? Crise de jalousie ? Peur ? Manque d’estime de soi ? Sont autant d’hypothèses que nous pouvons avancer pour justifier ce manque de collaborations.

Un featuring au féminin

Je rêve d’un featuring aux colorations étoilées comme la beauté de Nabila avec une touche de Bailly ; j’imagine bien le goût qu’aura le premier couplet si jamais Reniss décidait d’accompagner la fille des montagnes (Charlotte Dipanda). Forcément le repas sera un vrai délice si jamais Ewube s’investissait avec Daphne pour montrer à Meshi que sa collaboration avec Ztra serait la moins percutante. Je n’ose même pas imaginer ce que ça donnera si jamais Lily swagga décidait de jouer sur un même beat avec l’une d’entre elle comme elle l’a fait avec Franko et Dj West.

Autant d’exemple que l’on pourrait multiplier pour illustrer nos propos. Mais notre envie se heurte face au fameux dicton qui dit « que deux femmes ne peuvent cohabiter dans un même endroit ». Toutes autant qu’elles sont, elles possèdent ce que l’autre n’a pas, n’aura certainement jamais.

Le complexe de supériorité pourrait être la cause de ce manque de collaboration.  Les filles nous montrent ici qu’elles ne peuvent pas évoluer dans un même panier. Curieusement, elles se plaisent à  faire des collabos avec les mecs. Chacune veut être et paraitre à la fois. Pas d’humilité à exprimer son désir de faire une collaboration avec sa sœur de peur de subir la fameuse phrase « c’est elle qui m’a supplié pour faire un feat ».

Je pourrai aller plus loin en disant que, si les feat avec les artistes féminines locales ne sont pas faisables, c’est certainement parce que celles-ci sont pour la plupart pas sûr d’elles, elles ont peur d’être transparentes sur leur propre son. Certaines parmi elles manquent de talent véritable pour se confronter à l’autre. Or tout le monde a bien vu que Ténor a fumé Mani Bella sur sa propre chanson et c’est passé comme la pullule du lendemain et tout le monde s’enjaille sur ce son sans complexe.  Mais bon, il faut reconnaitre que nos filles jouissent d’un ego fort poussé qui les empêche de voir la réalité.

D’aucuns pourront me le signifier : « Lady Ponce, Coco Argenté, Linda Raymonde, Dora Decca… ont eu à faire des featuring » oui c’est vrai. C’est une génération différente de celle-ci, qui forcement a compris les enjeux du monde musical, et ne se plait pas juste à collaborer avec les artistes de l’extérieur mais prône avant tout pour un idéal commun afin de vendre les couleurs du pays.

Je concède également le fait selon lequel : «  le feat se fait selon le feeling » mais une question demeure ce feeling-là n’a que d’yeux pour l’occident ou pour les autres pays  ou encore pour des hommes et jamais les femmes?

Tout de même, l’ambition ici est bien au-delà des considérations dégradantes. Si en politique l’opposition songe à une coalition pour renverser l’homme lion pourquoi les personnes qui partagent la même passion n’y songent pas aussi ?  Après tout c’est le Cameroun qui gagne non ?

KAMER URBAIN | le Reflet de la Culture Urbaine du Cameroun

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